Le cadeau de bienvenue de Jean-Jacques Urvoas aux futurs élèves avocats

Après la démission ce 27 janvier 2016 de la Ministre de la Justice, les étudiants en droit qui préparent l’examen d’entrée à l’école des avocats se demandent anxieusement quand est-ce que la matière reine qu’est le droit des obligations sera finalement réformée… Il semblerait que cela se fasse dans les prochains jours. Décidément, 2016 n’est pas la meilleure année pour tenter le barreau !

Le blog du professeur Bruno Dondero

Dans un délai très bref (moins de trois semaines au plus tard), l’ordonnance réformant le droit des contrats, le régime général de l’obligation et le régime de la preuve aura été publiée au Journal officiel. Un tweet récent de la Chancellerie parlant déjà au passé laisse entendre que tout est bouclé… en espérant que la démission de Mme Taubira, annoncée ce mercredi 27 janvier, ne retarde pas le processus.

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On a eu le temps d’étudier avec attention le projet de réforme qui a été soumis à consultation publique entre février et avril 2015. Depuis, aucune version mise à jour du projet d’ordonnance n’a été diffusée officiellement, même si un certain nombre d’informations, parfois contradictoires, ont circulé.

Quelques points sensibles – les plus sensibles – peuvent être listés ici, qui sont autant de changements qui pourraient être apportés à notre droit des contrats. Ce sont aussi, à notre connaissance, les…

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Laïcité : êtes-vous sûr d’avoir bien compris le principe ?

La question de la laïcité déchaine les passions dans le débat public. Elle est une notion juridique complexe et ancienne qui, faute d’être toujours bien comprise, conduit certains à lui faire dire ce qu’elle ne dit pas.

Nous nous intéresserons ici d’abord à étudier d’où vient la laïcité et ce en quoi elle consiste, puis nous nous pencherons sur un exemple de sa mise en pratique : le cas des accompagnateurs scolaires.

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Il faut un pays qui pense librement car la liberté chasse le tyran

Hier a débuté à Paris l’une des réunions internationales les plus importantes de notre siècle. À quelques kilomètres du lieu de ces négociations se déroulait il y a quelques jours à peine un massacre innommable.

Juste après les attentats du 13 novembre, je rapportais des mots entendus de la bouche d’enfants. Ils ne nous ont pas dit ce qu’ils avaient compris : ils nous ont dit leur ressenti. Il y a une différence entre le ressenti qui est de l’ordre de la réaction épidermique, et l’intellectualisation des événements, la réflexion sur ce qui est arrivé.

La situation n’est pas différente pour les enfants à l’égard de la COP 21. S’ils ressentent qu’il y a un problème climatique parce qu’on en parle partout et tout le temps, comprennent-ils pour autant de quoi il s’agit ?

Ainsi, le point commun entre ces deux événements s’agissant des enfants, c’est qu’il est urgent de leur apprendre à réfléchir. Il faut réfléchir pour comprendre le ‘pourquoi’ des attentats et comment lutter contre l’obscurantisme. Il faut réfléchir aussi pour comprendre comment nos actes passés et présents, nos modes de vie, ont des effets sur notre environnement. Les questions que soulèvent ces deux événements se posent ainsi aux adultes, mais ce sont bien les enfants d’aujourd’hui qui devront y répondre demain. Lire la suite

Paris, paroles d’enfants

Les attentas du vendredi 13 novembre ont fait des centaines de victimes, décédées, blessées. La jeunesse parisienne était particulièrement visée, heureuse et insouciante le vendredi soir. Derrière les symboles ciblés c’était bien notre bonheur que les barbares ont voulu toucher. Et derrière la jeunesse ciblée, ce sont nos enfants qui ont été atteints.

Ce samedi soir, alors que nous dinions, une fillette de six ans présente à table tint les propos suivants : « Le monsieur, il s’est fait sauter pendant le spectacle. Il y a eu au moins 2 000 morts ». Elle nous regardait avec ses grands yeux remplis d’incompréhension, et de peur. Elle nous regardait, nous les adultes, en attendant qu’on lui explique pourquoi. Qu’on lui dise comment un ‘monsieur’ pouvait ainsi massacrer des gens. Elle mélangeait les informations et ne comprenait pas la portée du drame mais elle comprenait qu’elle avait peur. Nous nous regardions, l’air désespéré, désarmés et impuissants, dévastés que notre monde l’effraie à ce point. Comment rassurer cette enfant alors que nous-mêmes tremblions, quoi qu’on ait laissé paraître ?

Le plus terrible, outre l’horreur de ce vendredi soir, ce sont ces traces qui resteront sur les plus jeunes d’entre nous. Quand ces atrocités d’adultes s’invitent dans le jardin d’enfants, c’est toute une génération qui se trouve brisée. Une génération à qui des fous inhumains volent son avenir et probablement celui de ses futurs enfants. Les enfants des armes sont les héritiers de la guerre.

En écoutant cette petite nous montrer sa peur sans pouvoir se contenir, et sans même en avoir conscience, je me suis dit qu’il n’y avait pas pire que sa terreur. Et puis ce soir j’ai compris qu’il y avait plus regrettable que la peur d’un enfant face aux attentats : il y a l’indifférence des enfants qui y sont trop habitués.

Ce soir je comprends qu’il est déjà trop tard pour de nombreux enfants. En classe ce matin, au moment de parler des attentats, certains se sont surtout interrogés sur le point de savoir quand reviendrait leur émission du samedi soir, annulée cette fois-ci. Peu de compassion pour les victimes, pas de peur, pas de questions. Cela parce que ces enfants Français sont aussi à leur manière des enfants de la guerre : ils voient des attentats toutes les semaines à la télévision, ils sont tellement souvent sensibilisés à ces images qu’ils y deviennent insensibles. Ils ont peu de notions de géographie, si bien que pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Paris, la capitale française se situe à une distance aussi lointaine que la Syrie, l’Irak, le Liban.

Cette situation est presque plus dramatique que la précédente. Des centaines de milliers d’enfants naissent et vivent en ce moment dans les pays cités juste ici ; leurs vies leur sont arrachées dès le plus jeune âge par des hommes qui les salissent par leurs ignominies. À écouter ces petits Français ce matin, ce drame est en train de naître dans nos écoles alors qu’on les en croyait protégées.

Nous les adultes exprimons notre douleur, notre solidarité et notre unité face à ces actes abjectes. N’oublions pas que nos enfants en sont moins capables ; ils sont des victimes infiniment plus fragiles. Plus que jamais, n’abandonnons pas notre jeunesse derrière nous, livrée à elle-même face à des horreurs qu’elle ne peut pas surmonter seule.